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Bou-Saâda, Maintenant on y arrive plus rapidement!!!

Bou-Saâda, Maintenant on y arrive plus rapidement!!!

Bou-saâda la bien nommée ou la légende étouffée !
Bien qu’ayant commencé à quitter Alger vers 13 heures , je ne suis arrivé à Bou-saâda qu’à 19 h. 30 car je n’ai pas écouté les conseils de mes amis qui m’ont avisé de passer par Tablat plutôt que par Bouira, Bordj…Msila pour atteindre Bou-saâda en quatre heures maximum. J’ai préféré tester la portion Est de l’autoroute Est-Ouest. Un conseil « Écoutez toujours et suivez l’avis des personnes plus expérimentées ». Mais enfin, cela m’a permis d’être déçu par le trajet, depuis le départ d’Alger jusqu’à pratiquement  Bouira, c’était au sens propre du terme : par chocs contre par chocs. Nous avons  quand même pu admirer, en plus des matricules des voitures, les monts enneigés du Djurdjura , les vallons verdoyants et les gorges de Lakhdaria

L’arrivée , la nuit tombée, à Bou-saâda ne m’ a pas permis de voir les paysages aux alentours de la ville, cependant, j’ai été très agréablement surpris par la qualité de l’accueil à l’hôtel Kerdada, la propreté des lieux , la bonne cuisine du restaurant et un service de très bon niveau.

Comme à mon habitude, je me suis levé tôt et je suis sorti de l’hôtel pour découvrir la ville. Très calme en ce vendredi, cependant les sfendjis étaient déjà à l’œuvre et les odeurs d’huile agressaient agréablement les narines. Après une longue marche ponctuée par les appels à la prière du fadjr, je me suis trouvé devant une merveille, la mosquée cheikh el Bachir el Ibrahimi,  tout droit sortie du génie  de Sinan, l’architecte de Aya Sofia et de la Mosquée bleue d’Istanbul
L’intérieur de la mosquée ressemble à celui de la Mosquée bleue  en plus petit, les dômes superposés en sont une réplique exquise

A la sortie de la mosquée, les premières lueurs du jour commençaient à apparaitre.

Le mont Kerdada qui veille sur Bou-saâda commençait à montrer ses traits et la ville bruissait lentement.
Le vendredi est jour de marché, une visite s’impose.  Un vrai capharnaüm où tout se vend et  tout s’achète. L’achat d’une kachabia s’est imposé.

Près du fortin de la Montre ou Bordj essa’a , j’ai rencontré des jeunes très fiers de leur ville , de son histoire, de la tolérance de ses habitants . En face, c’est l’ancienne église, devenu musée des moudjahiddine, à présent fermé. Il y avait aussi une synagogue. Ces jeunes sont tout heureux de raconter que leur ville a attiré, accueilli et adopté des artistes, des écrivains, des acteurs de cinéma mais sont désolés de constater que  leur ville est abandonnée maintenant et ne vit que  sur sa splendeur passée. J’ai, souvent, durant mon séjour, perçu cette nostalgie du Bou-saâda d’antan chez les vieux    mais aussi chez les jeunes!

Puis ce fut une longue promenade le long de l’oued qui longe Bou-saâda. De l’eau, il y en a , de la végétation , aussi ;  les méandres de l’oued composent une grâce, malheureusement,  enlaidie par le plastique et autres déchets .
 » La différence entre un désert et un jardin, ce n’est pas l’eau, c’est l’Homme  »  a dit un sage ; est-il meilleure explication ?
Ain Ghrab, une immense forêt de cèdres et de cyprès, nous accueillit en début d’après-midi . Est-on vraiment à la lisière du désert ? Encore, une fois, je le répète, le désert n’existe pas ! Cet espace d’une richesse  exceptionnelle en flore et en faune mérite d’être connu et étudié par nos experts et apprécié par les amoureux de la nature et de la chasse.

La visite à la zaouïa des Rahmania sise à el Hamel et fondée en 1864 par Cheikh Belkacem, constitue un moment d’émotion devant les qualités des dirigeants de cette zaouïa tout dévoués aux œuvres charitables et à la diffusion des valeurs de l’Islam telles que la recherche du savoir, la générosité et l’hospitalité. Un détail a attiré mon attention, sur une colonne de la mosquée , sont gravées des grappes de raisin:

Du moulin Ferrero – oui, il était apparenté au célèbre chocolatier –  ne restent que le cours d’eau , les cascades, quelques touffes d’ une végétation qui fut luxuriante et des pierres. Mais ce paysage a la particularité de parler à ceux qui savent l’écouter ! Au delà du moulin qui rappelle que l’Algérie fut un grenier à blé, cet espace a attiré des réalisateurs de films à grand spectacle tels Tarzan, Samson et Dalila, et des films cow boys spaghetti et quelques films plus récents – de plus de trente ans quand même … Depuis, le moulin Ferrero s’essaie difficilement à se construire une légende, étouffé par les rebuts et les battitures !

Un passage par les vergers de Bou-saâda nous réconcilie avec l’effort humain !
Le froid devient de  plus en plus sec  et cinglant;  la visite et la prière du Maghreb dans la plus ancienne mosquée de Bou-saâda , la  mosquée de sidi Thameur, le fondateur de Bou-saâda nous ramènent à un passé bien de chez nous. Du toit de la mosquée, une magnifique symphonie de couleurs annonce le coucher du jour et le lever de la nuit.
Au retour à l’hôtel, le passage  devant ce qui fut la demeure de  Hachemi, fils de l’Emir Abdelkader, nous interpelle , encore une fois, sur  la décrépitude de la mémoire assiégée par l’état de délabrement de cette maison.
Le musée de Nasr eddine Dinet fut, par contre, une agréable surprise : sa maison , bien entretenue, à laquelle ont été adossés un espace d’expositions et une bibliothèque est devenue musée, quelques tableaux -originaux, nous a-t-on dit !-  y sont accrochées  et ses œuvres littéraires exposées. J’y ai découvert les traces de  l’amitié solide qui le liait à Hadj Slimane, son sauveur,  son compagnon, et le co-auteur de plusieurs ouvrages. La mort les a réunis, ils partagent le même mausolée !
Le court séjour Bou-saâda allait prendre fin, non sans acheter du fromage de la région ( ejben) et de cette délicieuse confiture de dattes aux vertus multiples, nous a assurés  un père de famille nombreuse !

Abdelhamid SENOUCI BEREKSI,
Alger

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